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Les femmes, le travail et la question sociale (France: XIXe-début XXe siècles)

Représentations, défis, évolutions.

Les femmes ont toujours travaillé. C’est par ce titre volontiers provocateur que l’historienne du travail Sylvie Schweitzer publie en 2002 une histoire du travail des femmes aux XIXe et XXe. Siècles1. Titre provocateur car il s’oppose volontairement aux expressions traditionnellement utilisées en sociologie ou en histoire pour évoquer le travail des femmes (l’auteure cite l’exemple de l’expression “depuis que les femmes travaillent… “), comme si celui-ci était un fait essentiellement contemporain.  Le travail des femmes serait ainsi un signe particulier de l’évolution de leur statut social et de leur émancipation des cadres traditionnel, familial, religieux, marqués par la domination masculine qu’elle soit physique ou symbolique2, et que l’on peut observer dès le processus de sédentarisation de l’humanité. Dans cette acception, le travail des femmes est considéré comme récent, fortuit, contingent, ou comme le fruit d’un combat libérateur d’une société par essence patriarcale. Après les espoirs déçus de la révolution de 1848, la fin du XIXe siècle, à la suite de la chute du second Empire, marquerait ainsi le début d’une longue séquence dans la marche de l’émancipation sociale des femmes sur fond de révolution industrielle et de développement d’un capitalisme tout puissant. La question de la place des femmes dans la société, question qui ne semblait résolue qu’en référence à la sphère privée, territoire traditionnel et contraint de l’activité féminine, évolue pour s’inscrire résolument dans la question sociale. Le “sexe faible” comme on le qualifiait communément à l’époque, est profondément impacté par les changements induits par l’industrialisation des modes de production et ses conséquences sur l’augmentation du paupérisme et l’évolution des vulnérabilités sanitaires et sociales.

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  1. SCHWEITZER Sylvie, Les femmes ont toujours travaillé. Une histoire du travail des femmes aux XIXe et XXe siècles, Odile Jacob, Paris, 2002. []
  2. BOURDIEU Pierre, La reproduction, Paris Éditions de minuit, 1970. []

Le travail des enfants en France au XIXe siècle

Entre autorité paternelle et pouvoir patronal, la lente gestation de la législation sur le travail des enfants

Le rapport conjoint de l’OIT et de l’UNICEF1 indique que 160 millions d’enfants de 5 à 17 ans sont astreints au travail dans le monde, soit près d’un enfant sur dix, chiffre en hausse pour la première fois depuis 20 ans. Le rapport estime que sur ces 160 millions d’enfants, 79 millions, soit près d’un enfant sur deux, “effectuent des travaux dangereux mettant directement en péril leur santé, leur sécurité et leur développement moral2“. Si des progrès ont été accomplis dans les régions d’Asie et Pacifique, d’Amérique Latine et Caraïbes, la situation des enfants s’est profondément dégradée en Afrique subsaharienne où “depuis 2012, on constate une augmentation, en nombre et en pourcentage, du travail des enfants dans cette région3“. La plupart de ces enfants travaillent au sein de la cellule familiale, majoritairement dans le cadre de travaux agricoles ou d’ateliers familiaux. Ils constituent ainsi une main d’oeuvre très vulnérable, inscrite dans des relations de travail ambiguës, mélangeant ou superposant pouvoir patronal et autorité parentale.

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  1. OIT, UNICEF, Travail des enfants, estimations mondiales 2020, tendances et chemin à suivre, 9 juin 2021, en ligne sur www.ilo.org, consulté le 15 avril 2022. []
  2. rapport cité, p. 8. []
  3. Ibid. []